Voyez le figuier et tous les arbres : dès qu’ils bourgeonnent vous savez de vous- mêmes, à les voir, que déjà l’été est proche.
(Luc, chap.21 TOB)
Après avoir partagé, ensemble, la lecture de Luc chapitre 21, l’avoir pratiqué, avoir rencontré cette femme qui prend sur sa misère pour mettre, dans les offrandes, tout ce qu’elle avait pour vivre, la réflexion qui m’est venue est : « ça m’oblige ! »
Cette lecture au plus près du texte, l’état chaotique du monde dans lequel je dois trouver une place, m’oblige dans ma vie. Avoir une éthique de l’ordinaire qui m’aide à rester debout m’oblige.
Mais quelle signification donner pour aujourd’hui à cette interpellation personnelle « ça m’oblige » ? Je ne trouvais pas les mots justes pour traduire mon ressenti auprès des autres personnes présentes. Je les ai trouvés chez le philosophe Fabrice Midal :
« Ceux qui se découragent visent souvent des abstractions : arrêter la guerre, sauvegarder la planète...Comment voulez-vous ne pas baisser les bras face à de tels objectifs ? Sauver l’humanité n’est pas à notre portée. Mais, il nous appartient d’agir avec humanité. Chacun(e) est appelé à faire ce qu’il peut, à agir de son mieux, à planter des graines dans son périmètre. Lesquelles pousseront ? Mystère ! Mais un rien peut tout changer, parfois à notre insu. »
Un bonjour sincère, un regard attentionné, un sourire à celle ou celui croisé(e) sur le trottoir, une promesse tenue, un appel téléphonique, un service rendu, un repas partagé… Se redonner confiance, donner confiance, aimer et se sentir aimé, laisser vibrer son cœur, rester éveillés à soi-même et aux autres autant que nous le pouvons avec nos maigres ressources, et pourtant si puissantes.
Martine Bricka